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Calcul de la rentabilité locative : brut, net, net-net

Calcul de la rentabilité locative : brut, net, net-net

Avant de signer un achat locatif, une question revient toujours : combien ce bien va-t-il réellement rapporter ? Le calcul de la rentabilité locative permet de répondre, à condition de distinguer trois niveaux de lecture. Le rendement brut séduit par sa simplicité, mais c’est le rendement net-net qui reflète ce qui restera vraiment dans votre poche.

Pourquoi distinguer trois rentabilités

Un même bien peut afficher 6 % de rendement brut et seulement 3 % de rendement net-net une fois toutes les charges et la fiscalité déduites. Annoncer un seul chiffre sans préciser sa nature n’a donc pas grand sens. Les trois indicateurs se lisent en cascade :

  • Le rendement brut : un repère rapide pour comparer des biens entre eux.
  • Le rendement net de charges : il intègre les frais récurrents de détention.
  • Le rendement net-net : il tient compte de la fiscalité, donc de votre situation personnelle.

C’est ce dernier qui doit guider la décision finale.

Le rendement brut : un premier filtre

Le calcul de la rentabilité locative brute est le plus immédiat :

(Loyer annuel hors charges ÷ Prix d’achat total) × 100

Le prix d’achat total inclut idéalement les frais de notaire et, le cas échéant, les travaux et frais d’agence. Beaucoup d’annonces se contentent du prix affiché, ce qui gonfle artificiellement le rendement.

Exemple : un appartement acheté 150 000 € loué 700 € par mois donne (700 × 12) ÷ 150 000 × 100 = 5,6 % brut. Si l’on ajoute 12 000 € de frais de notaire, le prix de revient passe à 162 000 € et le rendement brut tombe à 5,2 %.

Le rendement net de charges

Le rendement net déduit les charges non récupérables sur le locataire, c’est-à-dire celles qui restent à votre charge de propriétaire.

Les charges à retirer

  • La taxe foncière ;
  • Les charges de copropriété non récupérables ;
  • L’assurance propriétaire non occupant (PNO) et, si vous y souscrivez, la garantie loyers impayés ;
  • Les frais de gestion locative (souvent 6 à 9 % des loyers TTC si vous déléguez) ;
  • Une provision pour vacance locative et petits travaux d’entretien.

La formule devient :

((Loyer annuel − Charges annuelles) ÷ Prix de revient) × 100

En reprenant l’exemple, supposons 2 600 € de charges annuelles (taxe foncière, copropriété, assurance, entretien). Le calcul donne (8 400 − 2 600) ÷ 162 000 × 100 = 3,6 % net de charges.

Le rendement net-net : intégrer la fiscalité

Le rendement net-net, parfois appelé rendement net d’impôt, déduit la fiscalité sur les revenus fonciers ou les bénéfices industriels et commerciaux (BIC) en meublé. C’est l’étape la plus délicate, car elle dépend de votre tranche marginale d’imposition, des prélèvements sociaux (17,2 % en 2026) et du régime fiscal choisi.

L’impact du régime

Le mode d’imposition change radicalement le résultat :

  • Micro-foncier ou micro-BIC : abattement forfaitaire, calcul simple mais souvent moins avantageux dès qu’il y a des charges réelles importantes.
  • Régime réel : déduction des charges effectives, des intérêts d’emprunt et, en meublé, de l’amortissement du bien.

Un investisseur en location meublée au réel peut, grâce à l’amortissement, neutraliser une partie de l’imposition pendant plusieurs années. À l’inverse, un foyer fortement imposé en location nue au micro-foncier verra son rendement net-net sérieusement entamé.

Un exemple comparatif chiffré

IndicateurCalculRésultat
Rendement brut8 400 € ÷ 162 000 €5,2 %
Rendement net de charges5 800 € ÷ 162 000 €3,6 %
Rendement net-net (estimation)environ 4 500 € après impôt ÷ 162 000 €environ 2,8 %

Cette dernière ligne reste une estimation : selon votre situation, le résultat varie sensiblement. Un investisseur peu imposé ou bénéficiant d’un déficit foncier pourra afficher un net-net bien plus proche du net de charges.

Les pièges à éviter

  • Oublier les frais d’acquisition : ils représentent souvent 7 à 8 % du prix dans l’ancien et écrasent le rendement réel.
  • Ignorer la vacance locative : un bien loué onze mois sur douze ne rapporte pas douze loyers.
  • Confondre cash-flow et rentabilité : un bien peut être rentable sur le papier tout en générant un effort d’épargne mensuel à cause des mensualités de crédit.
  • Négliger la revente : la plus-value (ou moins-value) finale fait aussi partie de la performance globale d’un investissement.

En résumé

Le calcul de la rentabilité locative se lit en trois temps : le brut pour comparer, le net pour mesurer les charges, le net-net pour connaître le gain réel. Seul ce dernier chiffre, qui dépend de votre fiscalité, permet de décider en connaissance de cause. Compte tenu de la complexité des régimes fiscaux, il est prudent de faire valider vos calculs par un expert-comptable ou un conseiller en gestion de patrimoine adapté à votre situation.

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